mercredi 18 janvier 2017

L'Ordre Social Chrétien


L'article ci-dessous est le mot de l'aumônier de La Ligue du Christ-Roi dans la revue Opportet Christum regnare n°8 (Hiver 2015-2016)
 
Traduction par les soins de Reconquista


Lettre de l’aumônier
Monsieur l’abbé François Chazal, CM-SPX

« Ne soyez redevable de rien envers personne … sauf de vous aimer les uns les autres, disait Saint Paul »

Chers membres de la Ligue et amis de la Résistance Catholique,

L’économie de la cité de Satan est basée sur une notion falsifiée de la propriété privée, un système basé sur l’avarice et l’amour-propre, tandis qu’une économie catholique se base sur l’acte de donner, c’est-à-dire pourvoir aux besoins du prochain – qui est un système de Charité. L’économie moderne fut établie sur base de l’action de prêt, à des taux usuraires, à son profit personnel et avec peu ou pas de soucis pour l’éthique ou le bien commun. Des règles sont établies dans le marché, mais ces règles ne sont bien sûr pas suffisantes, car la notion d’économie qui règne de nos jours est fausse dès le départ. Vous connaissez le reste de l’histoire : la pyramide de dette sur laquelle tout repose de nos jours ; l’hydre à quatre-têtes du capitalisme, de la guerre, du socialisme et du système social qui purge la Chrétienté de la majeure partie de sa vitalité et qui conduit les hommes et les nations dans une servitude de plus en plus amère : la captivité moderne, tremplin pour le Nouvel Ordre Mondial.


Dans le passé, des efforts ont été consentis pour résister à cet esclavage, et nous devrions les étudier avec assiduité. Regardez par exemple, comment, il n’y a pas si longtemps, Garcia Moreno est parvenu à dissocier l’économie de son lien usuraire et en simplement quelques années, remettre sur pied son cher pays, l’Équateur, qu’il a ainsi rendu totalement indépendant des vautours ploutocrates. Salazar a aussi réussi au Portugal, et il a été très actif sur le sujet. L’essai de Franco en Espagne, fut timide et saboté par l’Opus Dei et les manœuvres maçonniques, mais il a quand même rencontré un peu de succès : ce n’est que récemment que les caisses d’épargnes espagnoles ont cessé d’opérer librement. En Allemagne, il y avait la caisse de Neuwied qui était libre d’usure, et il y avait des institutions similaires qui existaient en France et en Italie. De telles initiatives et de telles institutions ont contribué à rétablir ces économies sur leurs bases naturelles, ce qui a résulté en une vraie liberté et prospérité pour les gens et la stabilité pour tout le pays.

Ce qui nous a toujours été recommandé par nos prédécesseurs est de recommencer de petits îlots sains, qui incluent parmi d’autres mesures sociales, des caisses catholiques qui ont beaucoup contribué à restaurer l’Ordre Chrétien en renforçant les familles, en neutralisant la tyrannie et en procurant la justice sociale.

Je pense que la même chose s’applique dans le domaine des Assurances. C’est ce qui se passe ici aux Philippines, parmi nos fidèles. Nous appliquons simplement la générosité de certains aux nécessités des autres. Cela se passe à petite échelle, mais cela a le mérite de se passer aujourd’hui. Même si ces mesures sont modestes, ce sont des mesures qui vont dans la bonne direction – pour atteindre un réel retour plein et entier en temps opportun, si Dieu le veut. Mieux vaut faire quelque chose que de ne rien faire, et le faire maintenant plutôt que de le remettre à plus tard ; et mieux vaut le faire à petite échelle en utilisant les bons principes plutôt que de le faire à large échelle en se servant de théories qui sont entièrement pourries, comme tendent à le faire l’Amérique et l’Occident qui ne tirent aucune leçon des désastres passés ou présents.

Le Jésuite irlandais [NDR le Père Edward CAHILL,S.J.], dont les pensées élevées tout en étant orthodoxes et pratiques honorent les pages de l’édition actuelle de notre magazine, fournit beaucoup de conseils utiles dans le domaine de cette étude. Et pour ceux d’entre vous qui gérez des affaires, rappelez-vous que des grands noms comme BMW ou Michelin ont opéré sur la base des principes exposés dans les grandes encycliques sociales Rerum Novarum et Quadragesimo Anno. « Pourquoi eux ? Et pourquoi pas moi à mon tour ? », pourrions-nous nous demander à la suite de Saint Augustin. Le chemin est tracé par Notre Seigneur, et il s’agit, comme nous l’avons montré, du chemin de la Charité. Ne soyez redevable de rien à personne … sauf pour ce qui est de s’aimer les uns les autres, disait Saint Paul.

Tout ce dont vous avez besoin ce sont de gens qui se font confiance, qui ont la Charité divine et qui savent ce qu’ils font. Cette dernière chose est la plus difficile, et si nous voulons détruire le système diabolique actuel, nous devons savoir par quoi le remplacer, ce qui explique pourquoi nous insistons si souvent sur la nécessité de lire, d’étudier et d’apprendre les bons principes, les erreurs qui leur font barrage, et l’histoire libre de toute censure qui présente des chroniques de batailles millénaires entre la vérité et l’erreur, entre le bien et le mal. En fin de compte, je me répète, la Charité qui est la Loi de Notre Seigneur, est tout ce que nous nous devons les uns les autres et tout ce dont nous avons besoin. Il n’y a pas d’autre moyen. Le règne social du Christ est la Charité en action. C’est la base solide comme du roc sur laquelle nous devons reconstruire et c’est la mission élevée de toute association d’action catholique.


Que Dieu bénisse la Ligue,
En Jésus et Marie,
Abbé François Chazal

dimanche 15 janvier 2017

Doutes à propos des Dubia des Cardinaux

  Atila Sinke Guimarães


http://www.traditioninaction.org/bev/199bev12_30_2016.htm

Traduction par les soins de Reconquista

Ces deux derniers mois, les catholiques ont beaucoup entendu parler des Dubia – la lettre envoyée par quatre Cardinaux au Pape François demandant des clarifications sur les parties ambiguës de l’Exhortation Amoris Laetitia (AL).  Les quatre Cardinaux sont l’Américain Raymond Burke, l’Italien Carlo Cafaro et les Allemands Walter Brandmuller et Joachim Meisner.  Burke est le seul prélat actif, les trois autres sont à la retraite.

Cardinal Burke, Meisner, Cafarra, Brandmuller
Les Dubia sont cinq questions adressées au Pape et demandant une réponse.  C’est de tradition dans l’Eglise  que les prélats présentent aux Sacrées Congrégations du Saint-Siège, et même au Pape, leurs questions écrites très clairement et brièvement.  Normalement, ils reçoivent de concises réponses, un simple oui ou non.

Ces questions –dont l’entièreté du texte et du contexte peut être lu ici – à la base posent cette question : Est-il possible pour un catholique civilement divorcé et remarié de recevoir la Communion ?  Cette question est motivée par le fait que certaines parties d’Amoris Laetitia insinuent en termes énergiques que cette permission est accordée.  En d’autres termes, la question basique des Cardinaux est celle-ci : Est-il possible, pour une personne en état de péché mortel, de communier ?

Ces questions furent d’abord envoyées au Pape et au Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, mais, vu que les Cardinaux n’ont pas reçu de réponse, ils ont rendu leur document public le 14 novembre 2016.  Depuis lors, des interviews et déclarations variées de Burke et Brandmüller ont alimenté les discussions.

A cette vive interpellation, nous devons ajouter un lettre publique de soutien, suivie d’interviews et communiqués, d’un autre nouvel héros du conservatisme, Mgr Athanasius Schneider, qui a mis plus de poivre dans la sauce en parlant de schisme qui croît à l’intérieur de l’Eglise.  Ces schismatiques seraient les progressistes de la tendance de Kasper qui veulent libéraliser la Communion pour les catholiques divorcés et remariés.

Vu l’état de la question, que devrions-nous penser de ces Dubias ?

Pour être objectif et clair, distinguons trois perspectives différentes mêlées dans ce problème.

1.    Du point de vue logique

A.   Si nous considérons le contenu de ces deux documents (Amoris Laetitia et le document des Cardinaux) selon une perspective logique, nous voyons que les Prélats dissidents ont pris une position avantageuse pour tous.  Il est évident que le Pape ne peut pas explicitement permettre à quiconque de recevoir la Communion s’il est en état de péché mortel.

Si le Pape en arrivait à le permettre explicitement, il commettrait directement un sacrilège, qui induirait l’Église entière à faire de même et à se séparer elle-même du Magistère antérieur de l’Église.  Il est donc évident que le Pape ne va pas ouvertement dire : « Oui, je permets à une personne en état de péché mortel de communier. »

Il est aussi évident qu’il ne dira pas clairement : « Non, personne ne peut recevoir la communion en étant en état de péché mortel. »  Car, en réalité, il insinue le plus possible que les personnes divorcées/remariées peuvent recevoir la communion.

vendredi 13 janvier 2017

De la prière pour le pape

par un père capucin
 

Source : Résistance catholique francophone


Il est indéniable - et cela crève autant nos yeux que nos cœurs - que François surpasse en scandales tous ses prédécesseurs post conciliaires sur le siège de Pierre. Point n’est besoin de les évoquer, il suffit de suivre le sinistre feuilleton des “Nouvelles de Rome” dans le Sel de la Terre. Même des prêtres et des laïcs de paroisse protestent publiquement, jusqu’à ne plus se considérer de son Église (voir MCI-44-8)

A fortiori dans nos rangs de la Tradition, on l’on constate que de plus en plus de fidèles - et même des prêtres - en sont si outrés qu’ils ne veulent plus prier pour le pape, et parlent de lui comme s’il était un antipape, avec un mépris affiché. Paradoxalement, d’autres rêvent toujours de restaurer l’Église en concluant un accord canonique avec lui.

Dans cette affreuse crise de l’Église doublée maintenant d’une crise dans la Tradition elle-même, il ne sera pas inutile de rafraîchir nos mémoires en citant nos anciens du combat de la foi, qui avaient su voir clair avant nous, remonter aux bons principes pour ensuite en tirer les applications concrètes. En particulier celle-ci : plus le pape met la foi et les mœurs en danger, plus il faut prier pour lui.

1)  Un [néo-]moderniste - fut-il pape - est un ennemi de la foi qui ne peut subsister qu’au sein même de l’Église.


*   St Pie X (Pascendi, 8-09-1907) : « Ils se cachent, et c’est un sujet d’angoisse et d’appréhension très vives, dans le sein et au cœur même de l’Église, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. » (...) « Ennemis de l’Église, certes ils le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires, on ne s’écarte pas du vrai. Ce n’est pas du dehors, en effet, c’est du dedans qu’ils trament sa ruine ; le danger est aujourd’hui jusqu’aux entrailles mêmes et aux veines de l’Église. »


*  Abbé Berto (Itinéraires d’avril 1967 ; n° 119, p. 69) : « Il ne faut pas oublier qu’entre tous les hérétiques le moderniste possède cette note distinctive de ne jamais s’avouer tel ; la nature de son hérésie exige qu’il se maintienne sous le masque à l’intérieur de l’Église (...) où il travaille à lui faire subir du dedans une mutation substantielle. »

*   R.P. Calmel (Itinéraires de novembre 1971 ; n° 157, p. 37) :
« C’est un hérétique d’un genre très particulier : un hérétique doublé d’un traître. S’il demeure dans l’Église, s’il recherche même et s’il obtient les postes les plus élevés, c’est en vue d’opérer une transformation graduelle, mais radicale. »

mercredi 11 janvier 2017

XIIIe congrès théologique du Courrier de Rome et/ou du G.R.E.C. ?

Un lecteur assidu de ce blog nous a transmis les remarques suivantes.  La question se pose vraiment de savoir qui se réunira à Paris samedi prochain ...

"A l'occasion de son 50e anniversaire, la revue Courrier de Rome organise son XIIIe congrès théologique international, en partenariat avec le District de France de la Fraternité Saint-Pie X et DICI, les 14 et 15 janvier 2017, à Paris.

Samedi 14 janvier, de 9 H 00 à 18 H 00 : le congrès se tiendra, sous la présidence de Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de laFraternité Sacerdotale Saint-Pie X, à la crypte de la chapelle Notre-Dame de Consolation 23, rue Jean-Goujon 75008 Paris.

Programme:

09 H 00 : Un peu de l’histoire du Courrier de Rome, Abbé Emmanuel du Chalard
09 H 30 : Des prêtres au secours de la Tradition, Jacques-Régis du Cray
 10 H 30 : L’Abbé Dulac et le droit de la messe traditionnelle, Abbé Grégoire Celier
11 H 30 : L’Ecole romaine de théologie et le Cœtus Internationalis Patrum, Professeur Roberto de Mattei
15 H 00 : Dans la continuité du Cœtus Internationalis Patrum, Abbé Jean-Michel Gleize
16 H 00 : Evocation des combats et combattants du Courrier de Rome, Abbé Alain Lorans
17 H 00 : Le combat de la foi continue, Mgr Bernard Fellay

Entrée gratuite, libre participation aux frais.


Dimanche 15 janvier, à 10 H 30 : Messe pontificale célébrée par Mgr Fellay à Saint-Nicolas-du-Chardonnet 23, rue des Bernardins 75005 Paris."
Ce que je voulais dire, à titre de simple remarque, c'est que l'on remarque que parmi les intervenants, il y a notamment:

Réunion du GREC- abbé Lorans- Abbé Lelong- Abbé  Barthe
-Jacques-Régis du Cray,(ex-) membre du G.R.E.C.

-l'abbé Grégoire célier, (ex-)membre du G.R.E.C.

-l'abbé Alain Lorans, (ex-)membre du G.R.E.C.

-l'abbé Emmanuel du Chalard, dont le Père Michel Lelong, dans son ouvrage "Pour la nécessaire réconciliation" le groupe de réflexion entre catholiques (GREC), (NEL, 2011, 162 p.), écrit aux pages 23 et 24:


"Dans les mois qui suivirent la rédaction du document rédigé par Gilbert Pérol, les idées qu'il avait émises furent reprises et développées par Mme Pérol dans son livre "Les sans-papiers de l'Eglise". En évoquant l'histoire de la FSSPX, en présentant sa situation actuelle, ce livre favorisa d'utiles rencontres entre des Catholiques ayant des options théologiques différentes. Il fut pour moi l'occasion de faire la connaissance de M. l'abbé Emmanuel du Chalard,qui avait été un proche de Mgr Lefebvre, et qui m'accueillit très amicalement dans le prieuré d'Albano, près de Rome. Quand Mme Pérol nous proposa de publier, en annexe, à la fin de son livre, un libre débat sur l’interprétation du Concile, M. l'abbé du Chalard accepta aussi volontiers que moi. Et dans les années qui suivirent, il ne cessa d'apporter au GREC un soutien aussi discret qu'attentif."

Avec une telle composition, on ne peut que se douter de l'orientation de ce congrès théologique; et se dire que ce n'est pas Mgr Fellay qui viendra contredire les opinions de ces personnes sur la Tradition, la place de la Fraternité St Pie X dans l'Eglise, ou encore une certaine question d'accords avec la Rome moderniste...

Abbé du Chalard - Abbé Schmidberger- M Pérol
Mgr Fellay- M Pérol


Série de conférences de l'abbé Chazal sur la franc-maçonnerie

Pour nos lecteurs qui comprennent l'anglais, voici une série de conférences qui ne manquera pas de vous intéresser ... 
 





mardi 10 janvier 2017

Qui étaient les parents des 3 voyants de Notre Dame de Fatima ?

Sermon donné en Normandie par l'abbé Salenave à l'occasion de la fête de la Sainte Famille .

 En 1917, Notre-Dame a choisi de parler à trois enfants pour leur révéler 3 grands secrets qui allaient éclairer toute notre histoire contemporaine et prévenir les âmes des grands fléaux qui les menaçaient. Pourquoi Notre-Dame a-t-elle choisi ces enfants ?  Pourquoi a-t-elle préféré ces familles pauvres du Portugal ? Le choix de Notre-Dame n'est pas un hasard. L'abbé nous l'explique.










 Pour télécharger le sermon :

https://mega.nz/#!QhBWWRyD!k6HMiin20SDnUEoigUmibdvvsZE9xo7hZxZIRYgPxd8

mercredi 4 janvier 2017

Un changement théologique imperceptible

Par Don Curzio Nitoglia

  

Après l'analyse plus théorique des rapports avec le modernisme, Don Nitoglia nous livre ici des applications plus concrètes...

Traduction par les soins de Reconquista


La gravité de la situation actuelle : du dialogue à l’accord

Nous sommes aujourd’hui témoins du dernier assaut ultra-moderniste contre les traditionalistes, et ceci par le piège du « dialogue »[i], en arrivant à une co-existence, après avoir accepté, imprudemment et comme par inadvertance, un changement théologique qui est erroné et téméraire.

En particulier, le Pape Bergoglio mène, d’une manière plus ou moins occulte, une guerre psychologique contre les traditionalistes, dont le but n’est pas de détruire mais d’affaiblir, graduellement, leur résistance face aux erreurs du modernisme (1900-1950), du néo-modernisme (1950-2013) et de l’ultra-modernisme (2013-2016).

Apathie et soumission du bien

Parmi de nombreux traditionalistes, vous remarquerez l’état d’un esprit affaibli, enclin au « laisser-faire », à la soumission, qui conduit à la procrastination, le retrait, les concessions tacites et malheureusement au fléchissement final passif et implicite, si bien que nous pouvons dire, paraphrasant Benedetto Croce, « Nous ne pouvons pas dire que nous ne nous modernisons pas », ou « Nous nous sommes tous modernisés, implicitement et tranquillement » (Rahner, Schilleebkx)

Une manipulation théologique bergoglienne

La tactique bergoglienne contre les traditionalistes est d’abord celle du pur « parler », discuter, marcher ensemble, se connaître l’un l’autre, se rencontrer, même sans arriver à un accord explicite, théorique, écrit et signé.  Le marxisme, spécialement la version euro-communiste (Gramsci, Bloch, Togliatti et Berlinguer), a employé avec un considérable succès cette tactique face aux catholiques « adultes naïfs », qui n’ont pas remarqué qu’ils subissaient une manipulation psychologique de la part des marxistes ; ainsi Bergoglio ne veut pas que les traditionalistes prennent conscience d’être manipulés théologiquement et amenés vers le modernisme.

Certainement, les traditionalistes sur le terrain remarquent, quoique vaguement, qu’une évolution se produit, un passage théologique.  Mais ils s’illusionnent eux-mêmes en pensant que c’est vraiment un passage volontaire et bénin, un réel approfondissement, une maturation opportune, même si c’est avec l’aide d’une « belle et généreuse entité » : « le modernisme à visage humain de Bergoglio », auquel vous ne pouvez dire « non », mais qui bien vite jettera son masque et fera d’eux des esclaves de la « synthèse de toutes les hérésies », comme le fait le démon quand il nous tente sous apparence de bien, tout habillé comme un ange de lumière.  Cette manière d’agir et d’être manipulé, je l’appelle « un changement théologique imperceptible », par lequel nous passons de la Tradition au modernisme.

Réaction naturelle à l’irréalisme moderniste et à la persuasion implicite

Comme le bon sens naturel, la saine raison du sens commun de notre nature humaine objective offrent quelques résistances à la doctrine subjective et irréaliste du kantisme moderniste (selon lequel c’est moi qui crée la réalité), ce dernier, avec François Ier, évite une persuasion explicite des traditionalistes (un protocole écrit et signé de reddition et d’acceptation de Vatican II et du Novus Ordo Missae) et il  a commencé la persuasion implicite, qui n’est rien de nouveau, mais qui a déjà été utilisé par le diable au paradis lorsque, sous la forme d’un serpent, il a dit à Eve que si elle mangeait le fruit défendu, elle ne mourrait pas mais deviendrait comme un « dieu » connaissant le bien et le mal. (Gen., III, 5).
Mais ces catholiques, qui sont fermement anti-modernistes et ne voulant pas de dialogue ni de compromis, ils tenteront de les marginaliser, désorganiser, décourager et les réduire au silence par la « police psycho-cléricale » orwélienne.

La « cinquième colonne hostile »

Une « cinquième colonne hostile », bien qu’ayant les apparences d’être sympathique, a infiltré l’intérieur du monde traditionaliste, qui, en définitive, a montré un certain esprit de superficialité et d’optimisme insouciant au sujet de la crise qui affecte la sphère ecclésiastique et le monde entier, et exerce sur lui une influence implicite « modernisante », de telle sorte qu’il accepte, en échange d’un plat de lentilles (« l’arrangement canonique », « la pleine communion »), la bonté de Vatican II, la Messe de Paul VI et la néo-religion de l’holocauste, à lire - selon l’herméneutique de la Tradition – à la lumière de la Tradition.  Cette « cinquième colonne » est d’autant plus efficace lorsqu’elle se présente elle-même comme étant apparemment anti-moderniste.

De la résignation à la chute

Tout ceci a rendu  la plus grande partie du monde traditionaliste « anesthésié », avec les bras croisés et docilement enclins à rester à l’écart des modernistes, qui pour le moment progressent doucement dans le but d’éviter les chocs et réactions.  De la résignation, on passe à une expectative légèrement favorable, et puis à la pleine sympathie pour le « modernisme à visage humain », jusqu’à ce qu’on atteigne une collaboration pratique et finalement l’acceptation de principes, au moins implicites, qui étaient auparavant jugés inacceptables. « Nemo repente fit pessimus » (Personne ne devient mauvais d’un seul coup.)

dimanche 1 janvier 2017

Quinze Pays ( CE 494 )


La « Résistance » ? Quoi ? Des semailles, pas plus.
Mais très riche moisson, quand Dieu aura voulu.

Le dernier jour de l’année peut être un bon moment pour survoler le champ de bataille du combat de la Foi dans 15 différents pays visités par l’auteur de ce « Commentaire » au cours de l’année 2016. C’est un combat à mener dans des conditions bien difficiles, parce que l’Église catholique comme n’importe quelle organisation humaine dépend de son chef, et le Pape François durant toute cette année a donné l’impression qu’il veut détruire l’Église bimillénaire pour la remplacer par n’importe quoi qui plaise aux foules modernes, c’est-à-dire aux médias, c’est-à-dire aux ennemis de Dieu. En vérité, « Le Pasteur est frappé et les brebis sont dispersées », ce qui inclut actuellement la direction de la Fraternité St Pie X. Mais évoquons plutôt comment de pierres le Bon Dieu suscite dans le monde entier des fils à Abraham (Mt. III, 9), car si ceux-ci se taisaient les pierres mêmes devraient crier (Lc. XIX, 40).

Aux Indes, un ancien prêtre de la Fraternité et un ancien séminariste ordonné prêtre depuis, maintiennent l’unique prieuré et paroisse « Résistante » dans tout le sous-continent. Que Dieu soit avec eux. Au Brésil il semblerait que le sacre épiscopal de Mgr. Thomas d’Aquin ait bien fortifié la défense de la Foi autour de son Monastère. Que Dieu en soit remercié. Le Mexique a toujours été fort dans la Foi, et il est actuellement la base de l’excellent site internet en espagnol, Non Possumus. En Suisse un petit groupe de laïcs est content à l’ombre d’Écône d’entendre des choses qui ne s’entendent plus si souvent au Séminaire lui-même depuis le temps où Mgr Lefebvre y a donné tant à tant d’entre nous. Aux États-Unis, où la Fraternité avait réussi à réimplanter la doctrine anti-libérale de l’Église dans tout le continent, le libéralisme reprend le terrain perdu, grâce au désastreux changement de cap de la Fraternité depuis la mort de Monseigneur. Mais les prêtres du District n’ont pas encore dit leur dernier mot, et parmi eux l’abbé Zendejas, autrefois de leur nombre, travaille courageusement à reconstruire.

Deux autres prêtres autrefois de la Fraternité, les abbés Chazal et Picot, voyagent dans tout l’Orient, y compris en Australie et en Nouvelle Zélande. En Corée du Sud une chapelle Résistante est maintenue dans la capitale, Séoul, par une courageuse convertie. Au Japon les Catholiques ont été décimés par la Deuxième Guerre mondiale, Vatican II et maintenant la glissade de la Fraternité, mais il reste quelques contacts Résistants, y compris un vieux prêtre japonais. Par contre dans le pays le plus catholique d’Asie, les Philippines, l’abbé Chazal administre des douzaines de centres de Messe et un séminaire qu’il sera bien plus facile à servir depuis la récente ordination sacerdotale de l’abbé Jean, né aux Philippines.

En Europe, l’ Irlande a un nouveau prieuré de la Résistance au Sud proche de Cork, et la Pologne a un groupe de Catholiques qui ouvrent les yeux à la glissade dangereuse de la Fraternité vers Rome, mais pour le moment ils n’ont qu’un seul vieux prêtre polonais pour les desservir. Patience. Dans la République tchèque il y a un groupe parallèle de Catholiques dont la foi est forte, et qui mettent leur espérance en des prêtres qui reviennent du Novus Ordo à la Tradition. En Belgique aussi il y a un bon groupe en province qui remonte à un prêtre fidèle qui a laissé derrière lui il y a des dizaines d’années un legs de conviction et piété catholiques. En Allemagne, la Résistance décolle lentement à cause d’une obéissance instinctive envers toute autorité, mais cela commence à bouger. En Italie de même le début de la Résistance est lent parce que l e conservatisme des Catholiques y a fait que la Révolution Conciliaire n’a point fait rage comme dans les pays du Rhin, par exemple. Mais laissons faire le Pape François !

Et enfin il y a la France qui mène toujours dans l’Église, en bien ou en mal, par exemple par un Mgr Lefebvre ou par un Teilhard de Chardin. Les prêtres français ont toujours été les plus nombreux dans la Fraternité, et ils le sont maintenant dans la Résistance, et des centaines de laïcs français aujourd’hui viennent assister à des conférences régulières sur la doctrine anti-libérale des Papes pré-conciliaires. Mais la France comme pays se disloque actuellement, parce que les Catholiques n’ont pas de bon Pape pour les unir, et les citoyens n’ont pas de Roi catholique pour les rassembler autour de la cause de Dieu. Patience. Dieu va relever la France, et nous tous avec elle.

Kyrie eleison.

Nouvel an

En ce premier jour de l'an de grâces 2 017, chacun s'active à prendre de bonnes résolutions...




A ceux qui n'aurait pas d'idée, Reconquista  propose de se joindre à une croisade de la Charité ... 

mercredi 28 décembre 2016

L'abbé Petrucci démis de ses fonctions



"Fr. Pierpaolo Maria Petrucci is reported to have resigned (after having been requested to do so by Menzingen) as district superior of Italy, after having read some sources, this may very well be because of his not wanting a deal with Rome.

Fr. Alain-Marc Nély, second assistant to the Superior General will function as interim district superior."


Traduction par Reconquista :

"On rapporte que l'abbé Petrucci a démissionné de ses fonctions de supérieur du district d'Italie, après que cela lui ait été demandé par Menzingen; d'après certaines sources, ce pourrait bien être parce qu'il n'approuvait pas un accord avec Rome.

L'abbé Nély, second assistant du supérieur général, assurera l'interim comme supérieur de district."

Qu'en est-il ?  L'avenir nous le dira ...  mais certains indices ne trompent pas ... 

Bien sûr, l'abbé Petrucci a donné certains gages de "bonne volonté" à Menzingen : il a accepté d'être juge lors des procès Pinaud et Salenave; l'an dernier, il a publié un communiqué allant dans le même sens que celui de Menzingen à propos du "geste paternel" du Pape ... 

D'autre part, si nous remontons en 2007, nous retrouvons ce texte où il mettait bien le doigt sur le problème de Motu Proprio :

Dans son motu proprio, en rétablissant la messe traditionnelle dans sa dignité, le Pape la met cependant sur un pied d’égalité avec le nouveau rite, comme si tous deux méritaient la même estime et la même vénération. Simultanément, dans la lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio, Benoît XVI affirme que ce document ne veut en rien « amenuiser l’autorité du Concile Vatican II ». (...)

Ce combat, nous pourrons le mener par une fidélité encore plus profonde à toutes les œuvres qui luttent vraiment pour la tradition de l’Église.


Je ne parle pas de celles qui n’ont qu’un attachement sentimental à la messe traditionnelle, au latin et à la liturgie… et qui s’en contentent. Communautés dont la Rome conciliaire a voulu se servir (et se servira peut-être encore) pour diviser les traditionalistes, et les amener à accepter les erreurs du concile, en créant des espèces de «réserves indiennes» de rite traditionnel, dans le panthéon œcuméniste des religions.





En 2013, l'abbé Chazal rapporte ceci :


M. l’abbé Petrucci m'a dit que les capitulants étaient pressés d'écrire les textes et que l'intention d'un grand nombre d'entre eux était de créer un cadre qui permettrait d'éviter à Mgr Fellay de se rapprocher de la nouvelle Rome prématurément. La plupart d'entre eux nous ont dit qu'ils ont vraiment combattu, qu’ils ont obtenu le meilleur résultat possible, qu’ils ont sauvé la situation. Cela correspond clairement au nouveau but de la guerre de Menzingen : affirmer que la guerre est finie. 

(Article paru sur ce site le 14 août 2013)

Toujours en 2013, l'abbé Petrucci avait accepté de célébrer les funérailles de Priebke, ex-commandant repenti; cela n'avait pas plu à tout le monde...




Certaines "rumeurs" font état de décisions qui n'auraient pas plu en haut lieu :

"D'après ce que j'ai entendu la démission de Don Pierpaolo  est surtout due à des problèmes personnels entre prêtres. Donc en particulier, Mgr Fellay n'a pas apprécié le fait que Don Emmanuel du Chalard a été transféré à Rimini pour le tenir loin du Vatican : au-delà de son opposition à l'accord, étant un ancien militaire, Don Pierpaolo veut la discipline et le fait que Don Emmanuel allait voir les hauts Prélats quand il le voulait le dérangeait."

Avec l'éviction de l'abbé Petrucci, une page se tourne encore et la FSSPX continue inexorablement sa politique de nettoyage pour préparer dignement les noces avec l'église conciliaire.

samedi 24 décembre 2016

Saint et joyeux Noël

L'administrateur de Reconquista et tous ses collaborateurs 


souhaitent à tous leurs fidèles lecteurs


 une Sainte et Joyeuse fête de Noël.  




Que le Divin Enfant de la Crèche 


illumine nos intelligences pour toujours voir le Vrai 


et fortifie nos volontés pour agir en conséquence !