samedi 22 juillet 2017

Réflexion pragmatique de Mgr Lefebvre sur le séminaire

On pourrait croire que Mgr Lefebvre n'a pas hésité une seconde pour déterminer le mode de formation des prêtres dans la tourmente conciliaire. Allait il reprendre ce qu'il avait connu à Rome du temps de Pie XI ou des séminaires spiritains de la brousse et celui de Mortain d'après  guerre ? Ou alors faire des séminaires isolés et/ou clandestins ? Mgr Lefebvre va hésiter pendant quelques temps mais il tranche finalement en faveur d'un séminaire classique (selon les désirs du concile de Trente) pour donner aux séminaristes une formation la plus solide et complète possible :

Mgr Lefebvre le 10 octobre 1977 :

[....] "Alors il fallait choisir. Evidemment c’était une décision grave : est-ce qu’on arrête, est-ce qu’on cesse ou est-ce que l’on continue ? Et bien, j’avoue que je suis étonné moi-même de ne pas avoir eu d’hésitations. Quelquefois, en revenant en arrière, je me dis : - Comment ai-je pu traverser cette période sans avoir d’hésitations, c’est-à-dire sans avoir un désir d’arrêter ?

Mais, voilà, une petite hésitation au sujet de la manière dont il fallait continuer. Est-ce qu’il faudrait constituer des groupes plus petits de séminaristes qui continueraient leurs études et puis en les visitant, continuant le séminaire d’une manière un peu plus clandestine. Et bien, après une réunion que nous avons faite avec les professeurs, on s’est dit : - Non, ce n’est pas possible, ce serait la mort du séminaire, donc c’est inutile. Ou on continue, ou on ne continue pas, mais on ne peut pas continuer d’une manière qui soit dispersée, ça rendra très difficiles les études, ça rendra très difficile la persévérance des séminaristes, le recrutement et tout ça… Non, ce n’est pas possible. Il faut donc continuer tout simplement comme on l’a fait. Je crois que ça a été en effet la bonne solution, la solution qu’a voulue la Providence. Car je crois sincèrement que le séminaire était nécessaire pour beaucoup de choses. Pas seulement pour la formation des prêtres. Je crois que le séminaire a été, et est toujours je l’espère, grâce à Dieu, un témoin du passé, et un témoin de ce qu’est l’Eglise, de ce que doit être l’Eglise. C’est un témoin. Et ce témoin a déjà eu des résultats considérables. Je n’y suis pour rien, moi, non vraiment, parce que c’est le séminaire, c’est l’œuvre qui continue qui, par le fait de sa continuité, par le fait de sa fermeté dans la doctrine, de sa fermeté dans la foi, de ce maintien de la Tradition, a eu un impact énorme.
" [...]
 C'est aussi dans cette perspective que les évêques de la fidélité encouragent le séminaire Saint Louis Marie Grignion. La raison principale tient dans la disposition d'un corps professoral le plus compétent et complet possible. On sait que Mgr Lefebvre eût toutes les peines du monde à le constituer et à le conserver en raison des crises libérales ou sédévacantistes et c'est une épreuve que ne connaît pas le séminaire St Louis Marie puisque la stabilité et le sérieux du corps professoral est assuré par les pères dominicains. Le séminaire St Louis Marie a cependant ses croix : il n'a pas, pour le moment, des bâtiments qui lui permettraient de vivre plus à l'aise : c'est sans doute l'épreuve imposée par la providence pour avoir de futurs prêtres qui n'auront pas connu le confort bourgeois de certains séminaires de la fsspx.

P.R.


vendredi 21 juillet 2017

Un exemple de résistance catholique : la Princesse Elvina Pallavicini

Le professeur de Mattei nous livre dans l article qui suit, le témoignage d'une fidélité héroïque à la Tradition lors de la révolution conciliaire. Ce témoignage est bien actuel : cette princesse isolée, malade, soumise à diverses pressions, "amicales" ou hiérarchiques, n'a cédé en rien. Puissions-nous, comme cette noble personne, accueillir en nos demeures les défenseurs de la vérité ( prêtres et évêques de la fidélité) comme elle le fit en son temps pour Mgr Lefebvre.

Princesse Elvina Pallavicini (1914-2004


Il y a quarante ans, un événement historique a eu lieu : Monseigneur Marcel Lefebvre a tenu une conférence le 6 juin 1977 au Palais Pallavicini à Rome, sur le thème « L'Église après le Concile ». Je pense qu'il vaut la peine de rappeler cet événement, sur la base des notes et des documents que j'ai conservés.

Monseigneur Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (1970), après les ordinations sacerdotales du 29 juin 1976, a été suspendu a divinis [interdiction en particulier de célébrer la Messe et d’administrer les Sacrements. ] le 22 juillet de la même année. Cependant, les Catholiques informés avaient de sérieux doutes quant à la légitimité canonique de ces mesures et, en particulier, leur l'incompréhension vis-à-vis du comportement de Paul VI qui semblait réserver ses censures pour ceux qui disaient vouloir rester fidèles à la Tradition de l’Église. Dans ce climat de désorientation, en avril de 1977, la Princesse Elvina Pallavicini (1914 -2004) a décidé d'inviter Monseigneur Lefebvre à son palais dans le Quirinal, pour entendre son raisonnement.

 La Princesse Pallavicini avait 63 ans à l'époque et était la veuve du Prince Guglielmo Pallavicini qui avait été tué lors de sa première mission de guerre en 1940. Pendant de nombreuses années, elle était en fauteuil roulant à la suite d'une paralysie progressive, mais elle était une femme d’esprit indomptable. Elle avait un groupe étroit d'amis et de conseillers autour d'elle, parmi lesquels le Marquis Roberto Malvezzi Campeggi (1907-1979), Colonel de la Noble Garde Papale au moment de la dissolution de ce corps en 1970, et le Marquis Luigi Coda Nunziante di San Ferdinando (1930-2015), ancien Commandant de la marine italienne. Au début, la nouvelle de la conférence qui a circulé au cours du mois de mai n'a suscité aucune préoccupation de la part du Vatican. Paul VI a pensé qu'il aurait été facile de convaincre la Princesse de s'abstenir de son idée et a confié la tâche à l'un de ses collaborateurs les plus proches, « Don Sergio » Pignedoli (1910-1980) qu'il avait fait Cardinal en 1973.

Le prélat a appelé la Princesse et s’est d'abord enquis de sa maladie. « Je suis contente — qu'Elvina Pallavicini a noté ironiquement — de votre intérêt [ envers mon bien-être physique] après une si longue période de silence ». Après environ une heure de plaisanteries, la question du Cardinal arriva enfin : « J'ai entendu dire que vous recevrez Monseigneur Lefebvre. Est-ce que ce sera une conférence publique ou privée ? » « Si c'est à ma maison, cela ne peut être que privé » répondit la Princesse. Le Cardinal a alors osé : « Ne serait-il pas opportun de la reporter ? Monseigneur Lefebvre a fait en sorte que le Saint-Père souffre beaucoup. Il est très affligé de cette initiative ... » La réponse de la Princesse Elvina a refroidi le Cardinal Pignedoli : « Votre Éminence, je pense que je peux recevoir n'importe toute personne que j'aime dans ma propre maison ».

Face à cette résistance inattendue, le Vatican s'est tourné vers le Prince Aspreno Colonna (1916-1987), qui occupait encore, ad personam, le poste d'Assistant au Trône Papal. Lorsque le responsable de cette famille historique a demandé à être reçu, la Princesse lui a dit qu'elle était occupée. Le Prince Colonna a demandé de lui rendre visite le lendemain à pareille heure, mais la réponse de la noble dame fut la même. Pendant que le Prince se retirait silencieusement, le secrétaire d'État pensa y arriver d'une autre manière. Monseigneur Andrea Lanza Cordero di Montezemolo, qui venait d'être consacré Archevêque et nommé Nonce en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a demandé une audience la Princesse. Le prélat était le fils du Colonel Giuseppe Cordero Lanza di Montezemolo (1901-1944), chef de la Résistance Monarchique à Rome et sur lequel les Allemands ont tiré à la Fosse Ardéatine. Pendant l'occupation allemande, la jeune Princesse Elvina avait collaboré avec lui, méritant une médaille d'honneur de bronze. Il a également participé à la rencontre, mais sa présence a vraiment irrité le futur Cardinal qui, en vain, a fait appel à la mémoire de son père pour éviter la prochaine conférence. Le Nonce a été informé que la situation ressemblait à la même résistance face aux nombreux soldats au National-Socialisme et comment il était parfois nécessaire de désobéir aux ordres injustes des supérieurs pour respecter les prescriptions de la conscience.

À ce stade, le Secrétaire d'État a joué sa dernière carte, en se tournant vers le Roi d'Italie, Umberto II, en exil à Cascais. Le Marquis Falcone Lucifero, ministre de la Maison Royale, a téléphoné à la Princesse pour lui faire savoir que le Souverain l'avait fortement exhortée à reporter la conférence. « Je suis étonnée de voir comment Sa Majesté se laisse intimider par le Secrétaire d'État après tout ce que le Vatican a fait à la Monarchie », a-t-elle répondu de manière décisive, confirmant que la conférence serait dûment tenue à la date fixée. Le Marquis Lucifero, étant le gentilhomme âgé qu'il était, envoya à la Princesse un bouquet de roses.

À ce stade, le Vatican a décidé d'utiliser des tactiques plus sévères. Une véritable campagne de terrorisme psychologique commença alors dans les grands quotidiens présentant la Princesse comme une « aristocrate obstinée », entourée « d'une poignée de nostalgiques » dans un monde destiné à disparaître. En privé, on a fait savoir à Donna Elvina que, si la conférence devait avoir lieu, elle serait excommuniée.

Le 30 mai, par un communiqué de presse à Ansa, la Princesse a précisé que « son initiative n'était motivée par aucune intention de défier l'autorité ecclésiastique mais plutôt par l'amour et la fidélité à la Sainte Mère Église et au Magistère ». « Les contrastes dans l’Église Conciliaire — continuait le communiqué — existent malheureusement, en dehors de la personne de Monseigneur Lefebvre et aussi en Italie à un degré non négligeable, même si c’est moins évident que dans le reste du monde Catholique. Nous avons l'intention, lors de la conférence du 6 juin, d'offrir à Monseigneur Lefebvre la possibilité d'exprimer directement ses thèses en toute liberté, précisément dans le but de clarifier les problèmes qui perturbent et affligent tant le monde Catholique, dans la certitude que la paix et la sérénité peuvent être ramenées par une unité restaurée dans la vérité : »

Le 31 mai, à la une du quotidien « Il Tempo », une déclaration du Prince Aspreno Colonna est apparue où nous lisons : « Le Patriciat Romain se dissocie de l'initiative » déplorant qu'il soit « complètement inopportun ». La bombe fut cependant larguée le 5 juin par le Cardinal Vicaire de Rome, Ugo Poletti (1914 - 1997). Par une déclaration agressive dans le quotidien de la Conférence des Évêques Italiens, Avvenire, Poletti a attaqué Monseigneur Lefebvre et ses « partisans aberrants », les définissant comme « une poignée de nostalgiques de classe, prisonniers d'habitudes traditionnelles ». Il a exprimé de plus de : « l'étonnement, de la douleur et du chagrin, mais la plus ferme désapprobation de l'offense commise contre la Foi, l'Église Catholique et Sa Divine Tête, Jésus », Monseigneur Lefebvre ayant mis en doute « des vérités fondamentales du genre relatif à l'infaillibilité de l'Église Catholique fondée sur Pierre et ses successeurs, en matières de doctrine et de morale ».

À partir des quartiers de la Princesse, il y a eu une réponse immédiate : « Il est difficile de comprendre comment l'expression privée de thèses qui ont été celles de tous les Évêques du monde jusqu'à quelques années auparavant peut perturber la sécurité d'une autorité dans une telle la mesure alors qu’elle a de son côté la force de la continuité doctrinale et la preuve de ses positions ». La Princesse a déclaré : "Je suis une Catholique Romaine Apostolique plus que convaincue, en voyant que j'ai atteint le vrai sens de la religion par le raffinement de la souffrance physique et morale : je ne dois rien à personne, je n'ai pas d’honneurs ni de prétentions à défendre, et je remercie Dieu pour tout. Dans les limites que l'Église le permet, je peux différer d’opinion, je peux parler, je peux agir : je dois parler et je dois agir : ce serait lâche de ne pas le faire. Et permettez-moi de dire que dans notre Maison, et aussi dans cette génération, il n'y a pas de place pour les lâches."

Enfin, la fatale journée du 6 juin est arrivée. La conférence a été soigneusement réservée à quatre cents invités, contrôlés par la « sécurité privée » fournie par les jeunes « Alleanza Cattolica », mais il y en avait plus d'un millier qui ont rempli les escaliers et le jardin du Palais historique Rospigliosi-Pallavicini, célèbre partout dans le monde pour ses œuvres d'art.


Monseigneur Lefebvre est arrivé, accompagné de son jeune représentant à Rome, Don Emanuele du Chalard. La Princesse Pallavicini l'a rencontré dans son fauteuil roulant, poussé par sa Dame d’honneur, Donna Elika Del Drago. La Princesse Virginia Ruspoli, veuve de Marescotti, l'un des deux princes-héros à la bataille d'El Alamein, donna à Monseigneur Lefebvre une relique de Saint Pie X qui lui avait été donnée personnellement par Pie XII.

Malgré le fait que le Grand Prieuré de l'Ordre de Malte à Rome avait exprimé « une nécessité contraignante » de s'abstenir d'intervenir lors de la conférence, le Prince Sforza Ruspoli, le Comte Fabrizio Sarazani et d'autres Aristocrates courageux défiaient les censures de l'institution et étaient là en première ligne, juste à côté de Monseigneur François Ducaud Bourget (1897-1984), qui avait dirigé l'occupation de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris le 27 février.

La Princesse Pallavicini a introduit Monseigneur Lefebvre et il a pris place sous le baldaquin rouge avec les armoiries du Pape Clément IX, Rospigliosi. L'Archevêque après quelques moments de prière, a commencé par ces paroles : « Je respecte le Saint-Siège. Je respecte Rome. Si je suis là, c'est parce que j'aime cette Rome Catholique ». La Rome Catholique qu'il avait devant lui interrompit son discours à plusieurs reprises avec des applaudissements du tonnerre. Le hall était rempli à craquer et une foule s'était rassemblée sur les grands escaliers du palais.

Le « Concile d'aggiornamento » — explique Monseigneur Lefebvre — veut en réalité une nouvelle définition de l'Église. Pour être « ouvert » et être en communion avec toutes les religions, toutes les idéologies, toutes les cultures, l'Église devrait changer ses institutions excessivement hiérarchisées et se diviser en plusieurs Conférences Épiscopales nationales. Les Sacrements insisteront sur l'initiation et la vie collective plus que chasser Satan et le péché. Le leitmotiv du changement sera l'œcuménisme. La pratique de l'esprit missionnaire disparaîtra. Le principe selon lequel « tout homme est Chrétien et ne le sait pas » sera proclamé, si bien que peu importe la confession qui est pratiquée — elle cherche le salut.

Les changements liturgiques et œcuméniques — a poursuivi Monseigneur Lefebvre dans un silence feutré de tous ceux présents — provoquent la disparition des vocations religieuses et rendent les séminaires déserts. Le principe de la « liberté religieuse » semble scandaleux à l'Église et à Notre-Seigneur Jésus-Christ, car ce n'est rien d’autre que « le droit à la confession publique d'une fausse religion sans ingérence d'aucune autorité humaine ».

Monseigneur Lefebvre s'est alors attardé un peu à la cérémonie post-Conciliaire qui a cédé au Communisme, en se référant aux audiences répétées données aux dirigeants communistes par le Saint-Siège ; à l'accord de ne pas condamner le Communisme pendant le Concile ; au traitement méprisant réservé à plus de 450 Évêques qui ont demandé cette condamnation. Au contraire, le dialogue avec le Communisme a été encouragé par la nomination d'Évêques pro-Communistes comme Monseigneur Helder Camara du Brésil, Monseigneur. Silva Henriques du Chili et Monseigneur Mendez Arceo à Mexico.

C'est un fait, a ajouté Monseigneur Lefebvre en conclusion, que de nombreux Dominicains et de nombreux Jésuites qui professent ouvertement des hérésies ne sont pas condamnés et que les Évêques qui pratiquent l'inter-communion, qui introduisent des fausses religions dans leurs diocèses et églises, qui finissent même par être en concubinage, ne sont même pas mis sous enquête. Seuls les fidèles Catholiques risquent d'être expulsés des églises, persécutés, condamnés. « J'ai été suspendu a divinis parce que je continue à former des prêtres comme ils ont toujours été formés ».

En se tournant vers un auditeur touché par ses paroles, Monseigneur Lefebvre a conclu sa conférence en disant : « Aujourd'hui, l'obligation la plus sérieuse pour un Catholique est de conserver la Foi. Ce n'est pas licite d'obéir à ceux qui travaillent à la diminuer ou à la faire disparaître. Avec le Baptême, nous avons demandé la Foi à l'Église parce que la Foi nous conduit à la vie éternelle. Nous continuerons jusqu’à notre dernier souffle pour demander à l'Église cette Foi ».

La réunion s'est terminée par le chant du Salve Regina.

Le journaliste du Vatican, Benny Lai à La Nazione du 7 juin, a commenté : « Ceux qui s'attendaient à un tribun se sont trouvés devant un homme de douceur qui, avant d'inviter les personnes présentes à réciter le Salve Regina, a conclu [son discours] avec ces paroles : « Je ne veux pas former un groupe quelconque, je ne veux pas désobéir au Pape, mais il ne doit pas me demander de devenir Protestant ».

La conférence a été une victoire stratégique pour ceux qui ont été qualifiés de façon inappropriée de Traditionalistes, car Monseigneur Lefebvre a réussi à faire connaitre ses thèses au niveau international sans souffrir de conséquences canoniques.

Paul VI est mort un an plus tard, dévasté par la mort de son ami Aldo Moro.

Le nom du Cardinal Poletti est toujours lié à l'affaire obscure de la nulla osta [ note : déclaration officielle affirmant qu’on est pas contre quelque chose ou quelqu’un ] qu'il a accordée le 10 mars 1990, pour l'enterrement de Banda della Magliana Boss « Renatino » De Pedis, à la basilique de Sant'Apollinare. [ La Banda della Magliana est une bande de malfaiteurs italiens basé à Rome dans le quartier de Magliana. Enrico de Dedis fut l'un des fondateurs et le dernier chef de la banda della Magliana. ]

La Princesse Pallavicini est sortie gagnante de ce « défi ». Non seulement elle n'a pas été excommuniée, mais dans les années suivantes, son palais est devenu le point de référence de nombreux Cardinaux, Évêques et intellectuels Catholiques. Elle et ses amis romains n'étaient pas « des fantômes du passé » comme les a définis le Corriere della Sera le 7 juin 1977, mais des témoins de la Foi Catholique qui préparaient l'avenir. Quarante ans plus tard, l'histoire les a prouvés justes.

mardi 18 juillet 2017

Les ASC invitent les jeunes gens de 17 à 25 ans pour un camp en Tyrol

Vous avez entre 17 et 25 ans ? Vous connaissez des jeunes qui veulent passer un été intelligent et spirituel ? Vous désirez changer d'air cet été ? Vous n'avez pas envie de gâcher vos vacances à ne rien faire ?

Nous vous proposons ce séjour en Tyrol avec des marches, de l' amitié vraie et saine, des découvertes locales sans oublier l'aventure et la bonne humeur. 

Les ASC, qui ont désormais plusieurs années d'expérience et la présence d'une aumônerie , vous proposent ce séjour itinérant du 30 juillet au 21 août.

Si vous désirez plus de renseignements sur ce séjour, n'hésitez pas à contacter notre secrétariat au 06 01 79 36 80 ou ajca@laposte.net qui répondra à toutes vos questions (santé nécessaire, organisation, itinéraire etc ..)

Ne laissez pas passer cette occasion de passer de bonnes vacances !


téléchargement du tract : ici

Belle journée de la Fidélité Catholique à La Villeneuve

Belle journée à La Villeneuve en ce lundi 17 juillet : un jeune postulant de la communauté du prieuré du Christ-Roi recevait l'habit des mains de Mgr Williamson à l'occasion d'une Messe pontificale et portera désormais le nom de Fr. Joseph-Athanase. Le Fr. Marcel de la Croix reçut quant à lui les premiers ordres mineurs des mains du même pontife. La journée s'est prolongée par un grand buffet et tous purent apprécier l'accueil de M. l'abbé Pivert.
Fidèles aux traditions, les fidèles ont pu écouter les allocutions de Mgr Williamson et de l'abbé Pivert à l'ombre du grand cèdre (cf photo)
Le séminaire St Louis-Marie Grignion était aussi présent à travers M. l'abbé Salenave et trois séminaristes pour aider au chant et à la cérémonie.






dimanche 16 juillet 2017

L’erreur de Menzingen – II

Kyrie eleison DXXII (15 juillet 2017)

L’Église est en crise, et Rome n’en croit rien

Et Menzingen ? Piégé, il croit que tout va bien !


Une lettre du 13 juin, émanant du siège de la Fraternité Saint-Pie X à Menzingen en Suisse, est censée « faire le point sur les mariages » en tenant compte de la proposition romaine, en date du 4 avril qui vise simplement à faciliter l’enregistrement des mariages de la Fraternité dans la structure conciliaire. Cette lettre n’est pas sans poser un sérieux problème qui dépasse largement tel ou tel détail, tel ou tel argument. Le problème réside en fait dans la mentalité strictement conciliaire des ecclésiastiques auteurs de la proposition.

Nous ne sommes pas seul à penser ainsi : Lors des « discussions théologiques » de 2009 à 2011, trois théologiens de la Fraternité, sous la conduite de Mgr de Galarreta, ont dû affronter quatre « théologiens » romains. Selon le mot inoubliable d’un des trois théologiens, les quatre Romains étaient des « malades mentaux », mais « ayant l’autorité ». Objectivement, cette maladie mentale des Romains est tellement grave que beaucoup de catholiques fidèles sont tentés de penser que ces prélats ont perdu toute autorité dans l’Église. Mais, hélas, ces ecclésiastiques font encore illusion ! si bien que, grâce à « l’obéissance », ils peuvent objectivement continuer à détruire l’Église, quoiqu’il en soit de leurs intentions dont Dieu seul reste juge.

Ainsi, dans une première partie, la lettre de Menzingen sur les mariages (cf. les « Commentaires » de la semaine dernière) affirme que la proposition de Rome du 4 avril, vise simplement à ramener les mariages de la Fraternité à l’usage antique et raisonnable de l’Église pratiqué depuis le Concile de Trente. Oui, certes ! Mais cette législation raisonnable, que vaudra-t-elle, dès lors que ce sont des « malades mentaux » qui devront en faire usage ? Un axiome scolastique profond énonce que : « Tout ce qui est reçu, est reçu selon le mode de celui qui reçoit ». Une saine tradition, confiée aux mains d’ecclésiastiques (objectivement) insensés, pourra devenir insensée. Par exemple, dans la troisième partie de la lettre, Menzingen affirme que les mariages célébrés dans la Fraternité une fois reconnus par l’Église, ne feront plus de doute pour personne. « Plus de doute », dites-vous ? Alors que les responsables de l’Église d’aujourd’hui en sont à transformer pratiquement les annulations officielles en « divorces catholiques » ?

La deuxième partie de la lettre se propose de réfuter une liste de huit objections importantes qu’on peut faire à la proposition romaine. La plupart de ces objections disent, en substance, que l’acceptation de la proposition de Rome, dans le contexte actuel, équivaudrait à épouser la trahison conciliaire de la Foi en acceptant la théorie et la pratique conciliaires du mariage (1,2) ; en admettant la condamnation conciliaire des mariages célébrés précédemment dans la FSSPX (3) ; en approuvant le nouveau Code de Droit Canonique (8) ; et ainsi de suite. Ces objections sont fondées sur le contexte actuel des mariages. Menzingen répond : abstraction faite du contexte, la proposition romaine, « en soi », revient simplement à mettre à la disposition des couples de la Fraternité une manière supplémentaire de se marier tout en restant en harmonie avec l’Église officielle. Bien sûr, Menzingen, bien sûr, mais comment, dans la vie réelle, un mariage peut-il jamais être célébré en dehors de tout contexte ? Et comment, aujourd’hui, le contexte officiel de l’Église pourrait-il être autre que conciliaire ?

La cinquième objection peut servir d’exemple typique illustrant le raisonnement des bisounours de Menzingen, lorsqu’ils séparent l’inséparable. Ainsi, à l’objection dont le sens est que l’assouplissement de la reconnaissance des mariages de la Fraternité par Rome n’est qu’un fromage masquant le piège de la Prélature personnelle, Menzingen répond que le fromage, “en soi”, n’est jamais qu’un fromage ! Menzingen reconnaît même que Rome mentionne qu’il s’agit d’un pas en avant vers la « régularisation institutionnelle » éventuelle de la Fraternité ; c’est admettre que le fromage, objectivement, fait ici partie intégrante d’un piège. Mais à cela, Menzingen répond que s’il fallait éviter tous les pièges, la Fraternité devrait couper court avec tous les responsables romains, ce que Mgr Lefebvre, en 1975, a déclaré ne pas vouloir faire.

Bien sûr, Menzingen, bien sûr ! Mais 1975, c’était avant les13 années de contacts et de négociations supplémentaires avec les Romains qui finirent par convaincre Mgr Lefebvre que Rome n’avait point l’intention de s’occuper de la Tradition. C’est alors, et alors seulement, qu’il a consacré quatre évêques pour maintenir la Tradition (comme ils l’ont fait jusqu’en 2012). De plus, Mgr Lefebvre n’a jamais refusé tout contact futur avec les Romains. Il a seulement déclaré que dorénavant la doctrine devrait primer la diplomatie, de sorte que les contacts ne pourraient reprendre que lorsque les Romains renoueraient avec les grandes condamnations pontificales du libéralisme et du modernisme. Or, depuis 1988, qu’en est-il ? Menzingen prétend que Rome a changé pour le mieux, de sorte que les pièges ne sont plus des pièges ! Menzingen, attention ! Voilà que vous avez attrapé la « maladie mentale » des Romains, qui nient que la crise de l’Église soit une crise !

Kyrie eleison.

samedi 15 juillet 2017

Nouvelles du séminaire Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Que devient le séminaire Saint Louis-Marie Grignion ?

Les dernières nouvelles sont encourageantes à de nombreux points de vue : alors que la perspective de l'acquisition d'un grand bâtiment est encore une fois reportée, la direction s'inquiétait sur la manière d'accueillir les 7 nouveaux séminaristes s'ajoutant aux 10 déjà installés. L'expérience des bungalows ayant échoué à cause d'une mairie tatillonne, le séminaire a pu trouver une petite annexe à deux pas de la maison pour finir l'année scolaire 2017. 

Mais cela ne résolvait pas la question de la rentrée d'octobre 2017. Là encore la Providence s'est manifestée de façon inattendue et originale : des bienfaiteurs ont mis à sa disposition (pour un an) une maison à deux pas du couvent. L'idéal pour les séminaristes. Cette maison n'a pour le moment que 4 chambres; l'été sera donc consacré à l'aménagement d'urgence de 3 chambres supplémentaires avec des salles d'eau correspondantes (avis aux bonnes volontés qui désirent apporter un peu de leur temps et compétence ) afin d'accueillir les arrivants en octobre.

L'inconvénient de cette situation sera la division du séminaire  en deux parties mais cet inconvénient sera compensé par la présence d'un prêtre supplémentaire (abbé Trincado) si bien qu'on peut presque dire, de façon humoristique, qu'il y aura deux séminaires à Avrillé !  

Les séminaristes qui arrivent d'un pays non francophone ne sont pas oubliés : ils suivent des sessions intensives de français avant la rentrée et tout au long de l'année pour pouvoir suivre les cours.
Au final, le séminaire va donc entamer sa 3ème année d'existence et, malgré les hordes rugissantes de l'enfer déchaîné dans le monde et dans l’Église, cette petite œuvre poursuit donc sa croissance.
Prions pour les vocations et les séminaristes.

vendredi 14 juillet 2017

"Tels que nous sommes" par M. l'abbé Bouchacourt

Source : le forum de la résistance catholique francophone

Les images valent souvent mieux que de longs discours :
 





Le Pape François fait participer 11 personnages d'une autre religion en tant qu'il est oecuméniste, et il fait participer Mgr Schneider et Mgr Fellay (*) en tant qu'il est pape. En raison de ses réserves sur Vatican II, Mgr Fellay a préféré rester en arrière-plan.
 
 (*) montage photo d'après la réunion du 2 décembre 2014

mercredi 12 juillet 2017

Tension maximale chez les prêtres de la FSSPX : les dessous de l’affaire des mariages

Christian Lassale (pseudonyme) nous révèle un fait incroyable : la maison générale de la fsspx continue son coup de force pour imposer les mariages selon la forme conciliaire dans le cadre de la fsspx en court-circuitant les prêtres des prieurés. Désormais la résistance interne se trouve devant une impasse totale (cf image) et chaque prêtre qui fera un mariage sans que le chargé des affaires canoniques ne soit passé par l'ordinaire du lieu (évêque diocésain moderniste) sera dans l'illégalité vis-à-vis des supérieurs de la fsspx. Preuve, une fois de plus, que la subversion dans la fsspx poursuit son chemin et qu'à moins de désobéir ou de quitter la fsspx, il n'est plus possible à un prêtre de la fsspx de rester un digne fils de Mgr Lefebvre. Le lecteur pourra donc déplorer la conclusion de C Lassale qui, face à un constat très réaliste de la situation au sein de la fsspx, n'envisage qu'une seule alternative : attendre 2018 et un hypothétique (impossible) revirement de la situation. En attendant la réalisation de ce rêve qui dispense des vraies décisions crucifiantes, les prêtres marieront et confesseront (et seront ordonnés) dans le cadre conciliaire. 


L’affaire des mariages au sein de la FSSPX est révélatrice d’une problématique bien plus profonde : la divergence toujours plus grande entre la tête et le corps de la FSSPX. En cause, un changement d’attitude de la Maison Générale de la FSSPX, qu’une grande partie de sa base n’entend pas assumer. L’affaire des mariages y a trouvé sa première application réelle, d’où l’opposition massive qu’elle a rencontrée de la part des doyens et de l’ensemble des supérieurs des communautés religieuses traditionnelles.

La tension est donc forte dans la FSSPX. Alors que la Maison Générale, s’octroyant un droit qu’elle semble ne pas avoir[1], impose la délégation de l’Ordinaire pour chaque mariage à célébrer, la majorité des prêtres s’y oppose et refuse de demander une telle délégation. Devant ce refus massif, la Maison Générale a imposé que les districts passent par-dessus leurs prêtres. En France, c’est donc M. l’abbé André qui a désormais la charge de faire la demande de délégation pour chacun des mariages à célébrer.

Retour sur les enjeux de la célébration du mariage


Ce « passage en force » entend occulter la véritable problématique posée par cette demande de délégation à l’Ordinaire, alors que la crise de l’Église va toujours grandissante. L’un des prêtres l’a pourtant fort bien expliquée dans une lettre adressée à ses fidèles, afin d’expliquer pourquoi il ne pouvait en conscience obéir à la demande de ses supérieurs :

« De nos jours, l’assaut principal des enfers contre la pauvre humanité porte sur le mariage. Nul ne peut ignorer cette attaque car la famille est la cellule de base de la société. Tous ont le devoir de défendre l’union matrimoniale dans sa nature, sa fin et ses propriétés. En outre les baptisés qui confessent le caractère sacramentel du mariage chrétien doivent protéger la profession de foi que comporte tout consentement matrimonial. Les futurs époux qui seront les ministres de ce sacrement (un prêtre ne « marie » pas) n’ont pas le droit de le célébrer d’une manière équivoque. Les prêtres ont le devoir de le leur rappeler et de les aider à se protéger des roueries du clergé moderniste.

Le 4 avril 2017, le cardinal Müller faisait part de l’autorisation accordée par le Saint-Père aux évêques du monde entier de déléguer un prêtre diocésain pour bénir le mariage des fidèles de la Fraternité, ou, en cas d’impossibilité, de concéder aux prêtres de la Fraternité les facultés nécessaires. Il a alors été annoncé que cette décision du Saint-Père allait changer notre pratique actuelle. Vous le savez, celle-ci consiste à presser les fidèles de profiter des dispositions du canon 1098. Celui-ci leur permet de se marier sans avoir recours au clergé conciliaire en raison du grave dommage pour la foi que cela comporte. Il allait falloir dorénavant se tourner vers les évêques et agir en fonction de leurs réponses. Certains prêtres proposent une coopération minimale à cette nouvelle pratique en se contentant de s’informer auprès des évêques (sans en parler aux fidèles…) de ce qu’ils pensent faire dans la ligne ou dans le cadre de la lettre du cardinal Müller.

Or c’est là que se pose un vrai problème de conscience. Est-il permis de s’aligner ou d’entrer dans ce cadre ? Il suffit d’envisager les différentes réponses possibles — réponses que l’on aura soi- même provoquées — pour se rendre compte de l’immense difficulté.

La possibilité de faire intervenir par principe un prêtre moderniste lors d’une cérémonie de mariage est évidemment inenvisageable. Je ne pense pas devoir m’étendre sur ce cas de figure.

Maintenant si l’évêque veut envoyer un prêtre de son diocèse (ou venir lui-même), comment lui reprocher de faire exactement ce que le pape l’invite à faire ? Comment peut-on remercier profondément le pape de sa décision, écrire à l’évêque dans le cadre de cette décision, et puis refuser la réponse positive de l’évêque ? Comment peut-on louer une décision et voir un « grave inconvénient » quand elle est appliquée ? Il est par ailleurs impossible d’avoir recours à de faux arguments, comme par exemple de dire que c’est le couple qui refuse cette présence d’un prêtre conciliaire, ou que c’est la perplexité que cela engendrait chez nos fidèles qui nous obligerait à refuser la proposition de l’évêque. Le pasteur doit précéder les brebis. Les prêtres de la Fraternité ne s’abritent pas derrière la perplexité des fidèles mais ils l’éclairent.

Si l’évêque refuse toute délégation, comment peut-on dire alors que le recours au canon 1098 se trouverait renforcé alors que le grave inconvénient serait ravalé à une question personnelle ? Ce ne sont plus les futurs époux qui refusent d’avoir recours à une autorité dangereuse pour la foi, mais c’est tel évêque qui refuse à tel prêtre dans tel lieu à tel moment une délégation que celui-ci s’est cru obligé de demander. La logique de cette démarche ne permet même pas de voir là une injustice qui d’ailleurs n’a jamais été le problème fondamental.

Enfin si l’évêque donne la délégation sans aucune condition mais toujours dans le cadre de la lettre du cardinal Müller, comment le proclamer joyeusement sans provoquer des « débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la Fraternité », et sans porter atteinte à tous les autres mariages qui ont été ou seront célébrés dans nos chapelles ? En entrant dans les dispositions pontificales, on admettrait que soient célébrés chez nous deux sortes de mariages et on établirait entre eux une hiérarchie injuste. Au lieu d’honorer les courageux fidèles qui ont recours au ministère des prêtres de la Tradition, on les regardera soit avec compassion parce qu’ils n’ont pas eu l’heur de trouver un évêque complaisant, soit avec hostilité parce qu’ils n’auront pas voulu entrer dans des dispositions explicitement établies pour parvenir à une illusoire « pleine communion ».

Enfin ce tampon conciliaire qui est censé « sécuriser » les mariages de nos fidèles n’est-il pas une invitation à se tourner vers les officialités diocésaines qui prononcent par milliers de vrais « divorces catholiques » au nom du code de 1983, révisé de façon encore plus laxiste par François ? Les pauvres époux qui sont prêts à mettre leur foi en danger, à violer leurs engagements matrimoniaux et à se livrer à l’adultère trouveront malheureusement toujours un prêtre pour les bénir, même dans le rite traditionnel. Est-il juste alors de fragiliser les convictions de tous les fidèles afin de rendre moins facile la trahison de quelques-uns[2] ? »

Le changement d’attitude de la Maison Générale

Nous le disions, cette forte tension découle d’un changement d’attitude des plus hautes autorités de la FSSPX face à la crise que traverse l’Église. Nous assistons de sa part à un triple repositionnement :

Relativisation de la nocivité du concile Vatican II
Silence sur les erreurs et scandales de l’Église conciliaire
Relativisation de l’état de nécessité
La relativisation de la nocivité du concile Vatican II

Cette relativisation, en cours depuis quelques années, n’est pas énoncée clairement, mais insinuée, distillée à travers discours, interviews ou lettres.

« Beaucoup de personnes comprennent mal le concile. Quand on regarde les choses de près, j’ai vraiment l’impression que peu de gens savent ce que le concile dit réellement sur la liberté religieuse. Le concile présente une liberté religieuse qui est en fait très, très limitée. » Mgr Fellay, début mai 2012, CNS interview with sspx Bp. Fellay, min.1.28 à 1.44

« Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du Concile des super hérésies, cela devient comme le mal absolu, pire que tout de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral. Les maux sont déjà suffisamment dramatiques pour qu’on ne les exagère pas davantage. » Réponse de Mgr Fellay à la lettre du 7 avril des trois évêques de la FSSPX – 14 avril 2012

Les exemples pourraient être multipliés. Ce qui y apparaît, c’est qu’en ces moments d’irénisme, le concile n’est vu que dans sa matérialité, indépendamment de son esprit libéral omniprésent et des plus dangereux, vu que le libéralisme, avec son succédané qu’est le modernisme, sont l’égout collecteur de toutes les hérésies. De telles interventions de la part des supérieurs ne vont pas sans créer des tensions au sein de la FSSPX. Vu que le combat antilibéral est inscrit dans les gènes mêmes de l’œuvre de Mgr Lefebvre, apparaissent alors les « prêtres OGM » face aux « prêtres BIO ».

Le silence sur les erreurs et scandales de l’Église conciliaire 

C’est encore depuis 2011 qu’ont pu être observés des silences quasi systématiques lorsqu’auraient dû être dénoncés les actes scandaleux (portant au péché) posés par le pape lui-même, sa personne étant devenue semble-t-il intouchable. Cela s’est observé dans la communication officielle de la FSSPX lors de la réunion interreligieuse de 2011 à Assise, lors de la canonisation de Jean-Paul II (2014), avant, pendant et après le Synode sur la famille. Cela fut également vrai lors de l’instauration d’un « divorce catholique » ou de la réforme des procédures de nullité de mariage, dans le cas d’Amoris Laetitia ou de la réhabilitation de Luther. Pas un mot non plus sur l’accueil solennel de sa statue au Vatican, le 13 octobre dernier, alors que ce jour-là, toujours au Vatican, « on » marchandait dans la salle d’à côté une éventuelle prélature pour la FSSPX ; « on » se pourfendait même d’un communiqué à ce sujet, sans faire allusion aucune au terrible scandale dont était sali ce jour anniversaire des apparitions de Fatima.

Ce silence a son importance. En avril 2011 était béatifié le pape Jean-Paul II. La FSSPX faisait paraître peu avant ses dubia relativement à cette béatification, publication qui aurait précipité l’achèvement des discussions doctrinales alors en cours entre le Saint-Siège et la FSSPX. On ne peut continuer à tirer sur celui avec qui on négocie, il faut choisir. La FSSPX a donc choisi au cours de cette année 2011, lorsqu’elle a relancé le processus de négociation en septembre, en vue d’un accord simplement pratique. Ce silence est donc un préalable à tout accord. Un préalable : non pas une concession à faire pour l’avenir, à partir du jour où la réconciliation sera actée, mais un préalable à vivre aujourd’hui, et de fait vécu depuis septembre 2011. Ce préalable est non dit, mais en vigueur depuis des années maintenant. Il est d’autant plus dangereux qu’il n’est pas écrit, mais conditionne toute une attitude, que le temps n’a de cesse de rendre de plus en plus ambigüe.

Nous trouvons là encore l’une des causes profondes des tensions existant au sein de la FSSPX. Car si les autorités de la FSSPX ont voulu faire passer ce changement d’attitude pour une simple modernisation de sa communication pour la rendre plus positive et plus attractive (le fameux « branding »), nombre de prêtres de cette société n’ont pas été dupes. Certains se sentaient même le devoir de crier d’autant plus fort que leurs supérieurs se taisaient, et l’on a pu, hélas, assister ainsi à une véritable guerre de communication, opposant entre eux ceux qui étaient autrefois unis dans un même combat.

La relativisation de l’état de nécessité

Conséquemment à ces premiers points de tension, un troisième apparaît aujourd’hui ouvertement avec l’affaire des mariages. Elle consiste à relativiser l’état de nécessité dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, autrement dit à relativiser la quasi universalité de la crise que traverse la crise de l’Église. Depuis quelques années déjà, la communication officielle de la Maison Générale aime à souligner combien se multiplieraient les prélats, évêques et cardinaux censés s’attacher toujours plus à la Tradition authentique de l’Église, fait véritablement nouveau à ses yeux ; comme si Mgr Lefebvre n’avait pas connu des cardinaux Oddi, Stickler, ou autres…

Mais avec l’affaire des mariages, cette relativisation de l’état de nécessité est pour la première fois ouvertement assumée comme telle. Certes, son existence est rappelée par les « commentaire autorisé » et « mises au point » successifs publiés par la Maison Générale, mais avec une limite dont il importe de prendre conscience. Tout d’abord, il n’est plus présenté comme une crise générale de la foi touchant la quasi universalité des évêques (comment alors recourir à eux de façon habituelle ?) mais seulement en raison des carences relatives au mariage, desquels seules il importe de se préserver dans le cas présent.

De plus, à l’heure où peut-être jamais l’attitude du pape n’a été aussi scandaleuse, la communication officielle de la FSSPX affirme pour sa part que le cas de nécessité diminue aujourd’hui. Tel est en effet ce que l’on peut lire sous la plume de M. l’abbé Knittel, dans la revue officielle de la Maison Générale « Nouvelle de Chrétienté » :

« Cet état de nécessité a commencé à reculer avec le Motu Proprio du 7 juillet 2007 où Benoit XVI reconnait que la messe traditionnelle n’a jamais été abrogée. Les décisions relatives du pape François relatives à l’apostolat de la Fraternité St Pie X accentuent ce mouvement. »`

D’un point de vue pratique, un tel discours revient à conditionner l’état de nécessité à l’obtention ou non d’avantages personnels concrets, autrement dit à le subjectiviser, et ce indépendamment de la situation objective toujours plus grave, oubliée d’autant. D’où une nouvelle tension entre les prêtres de la FSSPX, les doyens rappelant pour leur part la véritable nature de cet état de nécessité :

Il n’existe hélas aucun doute sur la situation extraordinairement dramatique que traverse l’Église[3]. Celle-ci subit toujours plus aujourd’hui ce que Mgr Lefebvre appelait “le coup de maître de Satan” : « Diffuser les principes révolutionnaires par l’autorité de l’Église elle-même.[4] » Nous voyons en effet les autorités de l’Église, depuis le siège de Pierre jusqu’au curé de paroisse, porter directement atteinte à la foi catholique par un humanisme dévoyé qui, plaçant au pinacle le culte de la conscience, détrône d’autant Notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, la royauté du Christ sur les sociétés humaines est simplement ignorée, voire combattue, et l’Église est saisie par cet esprit libéral qui se manifeste spécialement dans la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité. A travers cet esprit, c’est la nature même de la Rédemption réalisée par le Christ qui est remise en cause, c’est l’Église catholique, unique arche du salut, qui est niée dans les faits. La morale catholique elle-même, déjà ébranlée dans ses fondements, est renversée par le pape François, par exemple lorsque celui-ci ouvre explicitement la voie à la communion des divorcés « remariés » vivant maritalement.

Cette attitude dramatique des autorités ecclésiales entraine sans aucun doute un état de nécessité pour le fidèle. En effet, il y a non seulement grave inconvénient, mais encore réel danger à remettre son salut entre les mains de pasteurs imbus de cet esprit « adultère[5] » […] L’état de nécessité qui légitime notre façon de faire n’est pas canonique mais dogmatique, l’impossibilité de recourir aux autorités en place n’est pas physique mais morale.

On comprend alors le dernier et suprême point de tension entre prêtres de la FSSPX : les uns, prenant acte de la situation toujours plus grave que traverse la quasi universalité de l’Église, entendent se prémunir avec toujours plus de prudence. Les autres, parce que le danger va diminuant à leurs yeux, n’aspirent qu’à une régularisation totale de leur situation et donc à une reconnaissance canonique. Portée à l’extrême, une telle tension a entraîné et entraînera sans doute encore nombre de départs de prêtres, qui vers les « résistants » (note de reconquista : le lecteur notera avec que C Lassale n'envisage pas la "fidélité" comme solution mais l'attentisme dans une situation objectivement pourrie et désespérée)  ou « sédévacantistes », qui chez les conciliaires. (note de reconquista : mettre la "fidélité" au même rang que le sédévacantisme ou le conciliarisme : le lecteur corrigera de lui-même

Conclusion
La distance parcourue par les autorités de la FSSPX en quelques années devient manifeste si on écoute la prédication donnée par Mgr Fellay, le 4 aout 2009, à St Nicolas du Chardonnet :

« Aussi, mes bien chers frères, ne vous étonnez pas si la Fraternité ne bouge pratiquement pas lorsque viendront des invitations de Rome à une nouvelle réconciliation après la parution d’un tel motu proprio. Car cela prendra du temps. C’est tout un état d’esprit dans l’Église qu’il faut changer et plus encore qu’un état d’esprit, ce sont des principes. Il faut que l’autorité dans l’Église reconnaisse ces principes mortifères qui paralysent l’Église depuis quarante ans. Tant que cela ne sera pas fait, il est bien difficile de penser à un accord pratique. Et pourquoi ? Parce que quand ce sont ces principes qui régissent la vie de l’Église, dès qu’il y aura le moindre différend, il sera réglé au nom et par ces principes mauvais. Cela veut dire qu’un accord pratique dans ces circonstances est perdu d’avance. C’est remettre en cause tout ce combat que nous célébrons aujourd’hui, ce serait une contradiction vraiment totale avec ce que nous disons jusqu’ici. Ce n’est pas cela que nous voulons, évidemment que nous voulons un état normal des choses. Mais cela ne dépend pas de nous. Si nous nous trouvons dans cette situation ce n’est pas parce que nous l’avons voulu. Encore une fois, c’est par nécessité. Et cette nécessité continue. »

Force est de constater que les principes mauvais ainsi dénoncés par Mgr Fellay en 2009 n’ont pas changé à Rome, et que leur application s’en fait chaque jour de plus en plus mauvaise sous la férule du pape François. Mais force aussi est de constater que si Rome n’a pas changé, Menzingen a fait sa révolution. Mais pas tous ses prêtres, d’où les tensions présentes.

En cette tourmente que traverse la FSSPX, le moment décisif appartiendra sans doute au chapitre général de cette société religieuse, prévu statutairement pour juillet 2018. Il lui reviendra en premier lieu de se prononcer sur ce triple repositionnement des autorités de la FSSPX pour le valider ou l’infirmer. En découlera la pérennisation ou l’implosion de la FSSPX.

Christian Lassale

[1] – Cf. article « L’affaire des mariages, de quoi s’agit-il ? » in MPI
[2] – Cf. article de l’abbé Camper : « Exceptionnel »
[3] Quand bien même un doute aurait subsisté quant à l’existence de cette situation d’exception autorisant l’usage de la forme extraordinaire du mariage, il faut souligner que, selon le droit, l’Eglise suppléerait au manque de juridiction (Code de 1917, canon 209 ; Code de 1983, canon 144), gardant donc à l’acte toute sa validité.
[4] Mgr Lefebvre, Le coup de maître de Satan, Editions saint Gabriel, 1977, p. 5-6
[5] Mgr Lefebvre, Déclaration publique à l’occasion de la consécration épiscopale de plusieurs prêtres de la FSSPX, in Fideliter, hors série des 29 et 30 juin 1988

lundi 10 juillet 2017

Voici le programme de François

Le site Reconquista reproduit un article paru dans le journal progressiste "La Croix" du 7 juillet dernier (à l'occasion des 10 ans du Motu Proprio). Alors que certains pensaient que la lettre du cardinal Müller était un coup d'arrêt dans le rapprochement canonique entre Rome et Menzingen, le pape revient et explicite le projet de prélature : preuve que la lettre du cardinal Müller n'était qu'un écran de fumée destiné à rassurer ceux qui s'inquiétaient de la reconnaissance des sacrements de la fsspx. Notons aussi au passage que toutes les reconnaissances canoniques (mariages, ordre, confessions) n'ont pas été remises en cause par le cardinal Müller.  La ralliement continue donc.

François envisagerait-il d’abolir Summorum Pontificum ?  
De Nicolas Senèze 
sur le site du journal La Croix


Le pape François réfléchit à l’avenir du motu proprio
Le pape, qui a conscience des tensions qu’a pu entraîner la possibilité pour les prêtres de choisir leur rite pourrait profiter de l’accord avec les lefebvristes pour réserver l’ancien rite à leur seule prélature personnelle.
Dans les couloirs du Vatican, Summorum Pontificum n’est plus vraiment un texte d’actualité. Plus importantes semblent être aujourd’hui les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) pour qui le texte de Benoît XVI n’a pas forcément été une bonne nouvelle : en sortant du débat la question liturgique, le pape allemand avait en effet permis d’aller au fond des désaccords théologiques.

Selon la Commission « Ecclesia Dei », chargée à Rome du dialogue avec la FSSPX, ces désaccords seraient aujourd’hui aplanis. Seule manque encore la signature de Mgr Bernard Fellay au bas du document soumis il y a déjà plusieurs années. « S’ils ne signent pas, ils sont vraiment très bêtes, car on leur fait un pont d’or », commente un observateur qui a lu le texte. Le supérieur général de la FSSPX devrait signer après avoir convaincu les plus récalcitrants au sein de la Fraternité. Et probablement avant l’été 2018, date du prochain chapitre général au cours duquel son mandat sera remis en jeu. Être nommé à vie à la tête d’une prélature lui éviterait une réélection compliquée.

Le prêtre ne doit pas choisir son rite
Pour François, il s’agit d’abord d’un geste d’unité : partisan d’une « diversité réconciliée » et non d’une Église uniforme, il est persuadé que, du moment que la FSSPX se dit catholique, elle y a sa place. Reste à savoir si les lefebvristes trouveront leur place dans l’Église plurielle de François. « Que feront les évêques dans les diocèses avec la prélature lefebvriste en face d’eux ? »,interroge un observateur.
Spécialiste de liturgie, le théologien Andrea Grillo se souvient d’ailleurs comment, en son temps, Summorum Pontificum avait mis les évêques en difficulté, pris soudain entre des prêtres choisissant l’ancien rite et une Commission « Ecclesia Dei » ayant une lecture très large du texte. « En introduisant un choix subjectif du rite par le prêtre, le motu proprio a fragilisé l’unité liturgique de l’Église et créé parfois des Églises parallèles jusque dans les paroisses. C’est une rupture de la tradition », estime-t-il.
Ce proche du pape rappelle que, archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait demandé à un prêtre plutôt adversaire de la forme extraordinaire de célébrer pour les fidèles traditionalistes. Justement pour souligner que le prêtre ne doit pas choisir son rite.

« l’ordinaire de l’Église n’est pas là »
Car en même temps, le pape argentin partage avec son prédécesseur une vision très pragmatique de l’ancien rite. Comme Benoît XVI parlait du « petit cercle de ceux qui utilisent l’ancien missel », François estime que son prédécesseur « a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité de quelques groupes et personnes nostalgiques qui s’étaient éloignées » (1). Mais il estime qu’il s’agit bien là d’une « exception » et que « l’ordinaire de l’Église n’est pas là ». « Vatican II et Sacrosanctum Concilium doivent être promus tels qu’ils sont », affirme le pape qui refuse toute idée de « réforme de la réforme ».
Selon Andrea Grillo, François envisagerait même, à terme, d’abolir Summorum Pontificum, à partir du moment où l’ancien rite serait préservé au sein de la prélature personnelle offerte à la FSSPX. « Mais il ne mettra pas cela en œuvre tant que Benoît XVI est en vie », prévient-il aussitôt.

En attendant, ce pape pour qui les demandes de certains, « trop jeunes pour avoir connu la liturgie préconciliaire », cachent une « rigidité défensive », se prépare à entamer un nouveau cycle de catéchèses du mercredi, justement sur la liturgie. « Cela montre sa volonté de prendre ce thème au sérieux, affirme Andrea Grillo. Mais ce sera l’occasion pour lui de parler plus du contenu de la liturgie que de sa forme et des rubriques. »
(1) Entretien avec le P. Antonio Spadaro en introduction de Nei tuoi occhi è la mia parola, Rizzoli, 2016

dimanche 9 juillet 2017

Prochains événements à La Villeneuve




Monsieur l’Abbé François Pivert

vous invite à la vêture religieuse de

Damien Brunon

au cours de la messe célébrée
par S. Exc. Mgr Williamson

le lundi 17 juillet 2017
à La Villeneuve

messe solennelle à 10 h. 30

Repas
Après-midi familiale


Pour la bonne organisation du repas, veuillez vous inscrire avec le formulaire ci-dessous. En toute amitié nous vous demandons de participer à l’élaboration du repas soit par une offrande sur place, soit en apportant un ou des plats et Mme Séghiri s’entendra alors avec vous. Merci.
Logement possible sous tente ou dans la maison après accord avec nous.

https://abbe-pivert.com/prise-d-habit-le-17-juillet/


Ce même jour, Mgr Williamson confèrera le sacrement de Confirmation.
https://abbe-pivert.com/confirmations-a-la-villeneuve-17-juillet/
 
A noter : session pour les catéchistes : Session "kis" les 19 et 20 août prochains 

samedi 8 juillet 2017

L’erreur de Menzingen – I


Kyrie eleison DXXI (8 juillet 2017)


Tout libéral est loup ; tout ce qu’il sait, c’est mordre

Le croyant s’en éloigne, ayant peur du désordre.


Certains de nos lecteurs n’apprécient peut-être pas de nous voir revenir régulièrement à ce qui peut leur sembler n’être que des « querelles de prêtres ». Mais que ces lecteurs veuillent bien se rappeler – ou apprendre – que seule l’Église catholique peut sauver les âmes et les conduire au Ciel pour l’éternité, alors que le diable, lui, est un agent hors pair pour les envoyer en enfer pour l’éternité. Dans la mesure où Notre-Seigneur se choisit des prêtres pour être les agents de son Église, le diable les attaque, et l’un des meilleurs moyens de les attaquer, c’est d’utiliser d’autres prêtres. C’est pourquoi, on trouve sans peine nombre d’ecclésiastiques parmi les hérésiarques, tel l’évêque Nestorius, ou le moine augustin Martin Luther. Les « querelles de prêtres » sont sans importance uniquement si plus personne ne veut pas aller au paradis. Mais, dans ce cas-là, le diable a déjà gagné !

Donc examinons le document de 20 pages publié le 13 juin dernier par les prêtres de la Maison générale de la FSSPX à Menzingen, en Suisse. Ils tentent de se justifier d’avoir bien accueilli le document de la Rome conciliaire en date du 4 avril qui propose à la FSSPX de célébrer les mariages en collaboration plus ou moins étroite avec les prêtres conciliaires. Cette Lettre de Menzingen, faite pour donner des éclaircissements ou faire certaines mises au point concernant le mariage, est bien tournée et peut paraître convaincante, pourvu qu’on ne remarque pas les arguments spécieux qu’elle emploie. Mais les responsables actuels de la Fraternité à Menzingen souffrent d’une infirmité rédhibitoire leur faisant prendre les apparences conciliaires pour la substance catholique. Le texte de la « Lettre » reproche au Concile, à plusieurs reprises, ses errements sur des questions générales aussi bien que sur des points particuliers concernant le mariage, mais ce ne sont là que des mots, car, dans les faits, elle traite les conciliaires comme s’ils étaient des ecclésiastiques catholiques normaux, alors qu’il s’agit en réalité de modernistes, donc d’ecclésiastiques en dehors de toutes les normes de l’Église. Dans une Épître à Timothée, St Paul, parlant des faux docteurs des derniers temps, nous avertit qu’ils auront : « les dehors de la piété, tout en ayant renié ce qui en fait sa force » (II Tim. III, 5). Et il ajoute : "Eux aussi, évite-les".

Ainsi, toute la première partie de la Lettre rappelle que la présence de l’ordinaire du lieu, du curé ou de leur délégué comme témoin est nécessaire pour la validité du mariage catholique ; c’est la pratique classique de l’Église, inscrite dans le droit canon depuis le Concile de Trente. Qui le contestera ? Mais depuis Vatican II, l’application de cette loi est aux mains d’ecclésiastiques qui d’ordinaire ont du mariage catholique une vue plus qu’anormale. L’Église ne vit plus aujourd’hui en temps normal ! Se peut-il que Menzingen ne l’ait pas remarqué ? Ou bien préfère-t-il ne plus le remarquer ? Il a fallu plusieurs siècles au protestantisme pour briser l’influence que l’Église catholique exerçait sur le monde ; et quelques siècles de plus pour que le libéralisme parvienne à se frayer un chemin jusqu’au sommet de la hiérarchie de l’Église ; mais dès que Dieu, pour exercer sa justice, finit par permettre ce châtiment, ce fut les élections de Jean XXIII et de Paul VI qui eurent lieu, et ce fut la plus haute autorité de l’Église qui devint libérale. Depuis lors, il n’a jamais été aussi facile pour tous les sujets catholiques de cette autorité, de penser, le plus sincèrement du monde, qu’ils restent catholiques, alors même qu’ils détruisent l’Église.

En 1987, lorsque Mgr Lefebvre appelait « antichrists » certains prélats de l’église conciliaire (cf. la Lettre aux quatre futurs évêques ), il ne visait pas leur subjectivité et leur possible sincérité ; mais il attaquait fermement la nuisance dont ils faisaient objectivement preuve. En 2017, lorsque Menzingen met en exergue la normalité de la présence des prêtres conciliaires lors des mariages catholiques célébrés par la FSSPX, il prend pour argent comptant la sincérité de ces prêtres et ferme les yeux sur leur libéralisme destructeur. Mais de leur côté, les libéraux restent sur leurs positions, avec une conception du mariage facilitant les annulations, etc. Une fois qu’ils auront mis le pied dans la porte entrouverte pour les mariages traditionnels, qu’est-ce qui les empêchera, demain ou après-demain, de mettre en accord avec leurs idées “renouvelées” la loi traditionnelle du mariage catholique ? En fait, comment pourront-ils éviter, demain ou après-demain, d’appliquer en toute sincérité leurs propres convictions ?

Au long des décennies qui ont suivi Vatican II, au fur et à mesure que les catholiques ont compris ce qui se passait dans l’Église, ils sont devenus « traditionalistes » et se sont éloignés des autorités conciliaires. Sans pour autant manquer de courtoisie ni de respect, ils se sont éloignés afin de protéger leur foi et leur morale catholiques. Mais, voilà que maintenant Menzingen s’avance vers ces autorités et veut que tous les traditionalistes fassent de même ! Menzingen a oublié la célèbre citation de l’Énéide de Virgile : « Timeo Danaos et dona ferentes » "Je crains les Grecs, même lorsqu’ils apportent des cadeaux." Hélas ! Menzingen fait confiance aux Grecs !

Kyrie eleison.

vendredi 7 juillet 2017

Formation des cadres des Amis du Sacré-Coeur

En 1989, Mgr Lefebvre donnait une conférence aux jeunes du MJCF. Au début de sa conférence, Mgr Lefebvre reconnaît humblement qu'il était entré au séminaire français de Rome avec des idées assez libérales. Progressivement il prend conscience du combat que les papes ont eu à mener au 19ème et 20ème siècle contre le libéralisme, le sillonisme. Il prend conscience alors du véritable enseignement des papes et va alors s'y attacher de tout son cœur et remerciera le ciel d'avoir eu comme professeurs le RP Le Floch et d'autres de grande valeur qui mettaient le Christ-Roi au sommet de tout l'enseignement catholique.

 En 2017, la situation est tout aussi grave : la jeunesse est totalement imprégnée, égarée par les erreurs condamnées par les papes depuis deux siècles. Aucun redressement catholique ne sera possible dans nos pays sans une jeunesse bien éclairée et formée sur ce sujet. C'est par là que les ennemis tiennent l'avenir du pays. C'est pourquoi les ASC (Amis du Sacré-Cœur) ont organisé une session de formation intensive au séminaire Saint Louis-Marie Grignion. Une quinzaine de jeunes gens de 17 à 24 ans ont suivi une série de conférences pendant 5 jours pour mieux comprendre et connaître la religion catholique, les maux qui la minent et ce qui paralyse les âmes pour se convertir en vérité :  le libéralisme, la subversion ( y compris dans la tradition ),  le concile Vatican II, l'action catholique, l'histoire de la tradition, le mondialisme etc ... Sujets certes brûlants mais qui permettent de tenir le cap de la vérité et de ne pas se voiler la face sur toutes les objections possibles.

A l'issue de cette stage, les jeunes cadres des ASC ont consacré leur mouvement au Sacré Cœur et se sont engagés pour certains à servir le mouvement pendant deux ans.

Que Dieu bénisse cette jeunesse généreuse et que d'autres âmes généreuses les suivent pour que continue le bon combat de la Foi pour le Règne du Christ-Roi,

Un ami du Sacré-Cœur


Les ASC en Italie en 2016